Les 7 malédictions du bon élève

La dernière fois que j‘ai eu à présenter “l’entrepreneuriat” à des cadres d’un grand groupe français comme levier de leur transformation, j’ai réalisé que chaque posture d’entrepreneur s’illustrait par l’exact opposé d’une des règles que l’école nous a transmises, ou imposées.

J’en ai fait émerger les 7 malédictions du bon élève. Une règle de l’école VS une posture d’entrepreneur illustrée :

1- “Le prof a toujours raison” VS il n’y a plus une vérité

 

Quand on entreprend, la vérité n’est plus celle écrite dans les encyclopédies, détenue par le professeur ou encore assénée par tel “gourou”; ce n’est d’ailleurs pas un hasard si celle qui fait de plus en plus foi se co-construit en ligne sur Wikipédia ou Quora, mais surtout advient par l’exemple.

2- “Ne copie pas sur ton voisin” VS le copycat

 

Cas extrême, la société allemande Rocket Internet est connue pour copier des business models et les répliquer sur des marchés proches et dans des pays émergents. Leurs 12 meilleures startups génèrent un chiffre d’affaire cumulé de 1,5 milliard de dollars en 2014. Un ancien de chez eux explique leur modèle ici.

3- “Si tu as encore une mauvaise note, tu seras puni” VS rater le plus vite possible pour réussir

 

Richard Branson a planté des dizaines de marques : Virgin Cola, Virgin Megastores, Virgin Clothing etc. et assume parfaitement l’échec comme critère de son succès : “Business opportunities are like buses, there’s always another one coming”.

4- “Il faut faire bien du premier coup” VS le pivot

 

Critéo, entreprise française cotée au Nasdaq, vient de générer 1,2 milliards en 2015 par sa solution de retargeting marketing. A ses débuts, Critéo avait “simplement” inventé une technologie permettant de faire de la recommandation de DVD et de vidéo à la demande. Rien à voir avec le retargeting, si ce n’est l’utilisation de sa technologie pour un usage complètement différent.

5- “Apprends ta leçon par coeur” VS apprendre à apprendre

 

Corolaire de la première malédiction, on aurait tendance à croire qu’il vaut mieux devenir expert de, plutôt que de savoir apprendre vite ce qui est nécessaire. Or entreprendre, c’est mettre les mains dans le cambouis, s’approprier des compétences a priori réservées aux spécialistes avant de pouvoir décider ce qu’on délègue, outsource ou approfondi. Les MOOCs et les écosystèmes sont là pour ça.

Un TED récent décrit cette aptitude à pouvoir apprendre et désapprendre rapidement.

6- “T’as pas demandé l’autorisation à la maitresse ?!” VS prendre le risque

 

Il est de notoriété publique qu’Airbnb et Uber n’ont pas cherché à se plier à tout prix aux lois en vigueur pour tester leur usage puis exploser les marchés de l’hôtellerie et du taxi.

7- “Si tu sèches les cours, tu seras collé” VS l’engagement

 

Netflix réinvente les Ressources Humaines, misant sur l’engagement des salariés plutôt que sur des règles coercitives : “If you see a better opportunity elsewhere, you should be allowed to take what you’ve earned and leave. If you no longer want to work with us, we don’t want to hold you hostage.” Il en est de même pour les congés qui ne sont pas à demander mais à prendre de manière transparente et responsable.

La culture Netflix est consultable ici.

Pourquoi ?

Oui, pourquoi les “bons” élèves doivent être ceux qui respectent les consignes pour avoir la meilleure note, pour être reçu au meilleur concours ? Pour avoir été étudiant mes 23 premières années, je soutiens qu’au contraire réussir dans ce système éducatif tend à rendre le sens de l’audace contre-intuitif…

Il suffit de se lancer pour hacker cela, peu importe ce qui est écrit — ou pas — sur un éventuel diplôme ou CV.

Après tout, l’école n’est que la représentation d’un système, d’un ensemble de règles qui ont perdu de leur pertinence dans un monde incertain qui impose aux individus et entreprises de changer de paradigme pour pouvoir agir efficacement.